Vers un nouveau mouvement étudiant…

Vers un nouveau mouvement étudiant…

…Vers la grève générale !

 

 

Le militantisme universitaire a toutes les raisons d’être.

 

Songeons seulement au rôle qu’a joué le mouvement universitaire dans ce que les media ont appelé le mouvement « anti-CPE » (et je songe, en particulier, à Toulouse, ailleurs, je ne sais pas, au rôle des syndicats étudiants Sud-Etudiant et AGET).

Que ces syndicats ne soient pas toujours très cohérents est, certes, une chose à peu près certaine mais connaissez-vous beaucoup d’étudiants très cohérents (*) ? Que ces syndicats et tous ceux et celles qui les ont rejoint aient, néanmoins, joué un rôle fondamental et déterminant dans la mobilisation et l’organisation de la lutte en est une autre non moins certaine. Et c’est ce deuxième point qui me paraît essentiel.

 

Une aiguille plantée dans le talon de la classe dirigeante.

 

La victoire du mouvement contre la loi « égalité des chances » dit « anti-CPE » n’a été que très partielle puisque le CPE ne constituait qu’une des nombreuses attaques contre lesquels protestaient énergiquement un ample mouvement social. Néanmoins cette victoire est importante. Dans la plupart des autres pays, des lois similaires sont passées sans qu’aucun mouvement social ne parvienne à s’y opposer. Le patronat français, lui, pour l’instant, s’y est cassé les dents. C’est une exception française. C’est une aiguille plantée dans le talon de la classe dirigeante. C’est une aiguille qui lui fait mal. Il ne faut pas sous-estimer l’importance de cette victoire. Il faut en être fier. C’est notre (petite) victoire, fruit de notre force. Et on peut faire mieux, on peut faire beaucoup mieux…

 

Un corporatisme « bullaire »

 

Dans cette lutte contre la loi « égalité des chances » , le mouvement étudiant a réussi à ne pas s’enfermer dans sa petite bulle universito-universitaire pour embrasser des revendications beaucoup plus globales qui nous concernaient tous, d’où le succès, d’où la victoire… Cependant, cet esprit corporatiste et bullaire du mouvement universitaire reste son grand travers car « la vie universitaire est si différente de la vie dans le monde commun que les hommes qui vivent dans un tel milieu n’ont généralement aucune notion des problèmes et des préoccupations des hommes et des femmes ordinaires. De plus, leur façon de s’exprimer tend à priver leurs idées de l’influence qu’elles mériteraient d’avoir au près du public. Un autre désavantage tient au fait que les universités sont des organisations, et qu’à ce titre, elles risquent de décourager celui dont les recherches empruntent des voies inédites. »(Bertrand Russel, 1932)

 

Le piège de la LRU

 

Le piège a évité pour le mouvement étudiant qui commence déjà à s’organiser dans plusieurs facs est de renouer avec son vieux démon, le corporatisme bullaire, et la loi LRU semble avoir été conçue pour cela… Le patronna et ses fidèles serviteurs au gouvernement ont une aiguille dans le talon et quand on a une aiguille dans le talon, on ne pense qu’à une chose : l’enlever. Le gouvernement a un grand objectif : faire passer le CPE ou quelque chose d’équivalent mais pour cela, il doit parasiter le mouvement étudiant. Comment ? En l’occupant à autre chose et la LRU, je le répète, semble avoir été conçue pour cela.

 

Vers la grève générale !

 

Le mouvement étudiant naissant a donc devant lui un gros piège à éviter : s’enfermer dans des revendications universito-universitaires. Il faut, tout au contraire, dès maintenant, qu’il s’inscrive dans la continuité du mouvement contre la loi sur l’ « égalité des chances » , mal nommé « anti-CPE » , par exemple, en exigeant l’abrogation de la loi sur l’ « égalité des chances » qui institue par exemple l’apprentissage à 14 ans, c’est à dire le travail sous-payé des mineurs dès 14 ans…

Seules des revendications dépassant le microcosme universitaire seront à même de reconstruire un vaste mouvement social vers une nouvelle victoire…

 

(*) Nous avons tous nos contradictions et il serait prétentieux et illusoire de croire le contraire.

 


Pour l'heure, la violence de la révolte que vous avez à gérer n'est rien. Nous parlons encore beaucoup trop. Et la gauche vous aide à museler la révolte. Mais ça ne durera pas. On n'achète pas éternellement la misère avec les aumônes que sont le RMI, les allocations chômage... Les chiens de garde seront toujours moins nombreux que le troupeau de miséreux qu'ils terrorisent. Les meilleures digues n'empêcheront jamais une montée des eaux programmée pour tout balayer sur son passage. Le peuple, dès lors qu'il vous aura identifié comme responsable du désastre qui est en train de se mettre en place, vous châtiera comme jamais encore.

Les riches toujours plus riches. Les biens communs pillés. L'assassinat des conditions mêmes de la vie au motif de toujours plus de profit immédiat. Nous sommes désormais entrés dans une phase de non retour. Et plus vous réprimerez, car vous n'avez déjà même plus les moyens d'une aumône de masse, plus ce qui vous attend sera terrible.



Lucio Urtubia, Ma morale anarchiste, "Répression"