Grèce: le terrorisme d'État récidive un an après.

Publié le par ced

Pour le premier jour de l'anniversaire du meurtre d'Alexandros Grigoropoulos, l'État récidive: provocations et violences policières, des centaines d'arrestations arbitraires, accusations sans le moindre fondement de terrorisme et des manifestants entre la vie et la mort.



Toute la semaine précédant l'anniversaire, la tension est montée à Athènes, occupée par des milliers de policiers surarmés et prêts à bondir. Samedi, vers 17 heures, à Athènes, plus de vingt personnes ont été arrêtées dans le centre social anarchiste Resalto à Keratsini et inculpées sous la législation anti-terroriste (le refrain est connu...) pour construction et distribution d'explosifs, c'est à dire possession de quelques bouteilles de bière et de deux bouteilles d'huile de chauffage.

L'intervention fut musclée (portes et fenêtres brisées) et inattendue (il ne s'agit pas d'un squat!). Des manifestations ont suivi pour protester contre ces arrestations ainsi que d'autres à Exarchia. La veille des premières manifestations prévues en commémoration de l'assassinat d'Alexis par la police l'année dernière, par pure provocation, la police faisait déjà plus de soixante-dix arrestations.


Le lendemain, toujours à Athènes, la manifestation appelée à 13 heures à l'Université (Propylea) a été attaquée par les forces de police anti-émeute avant même de commencer. Malgré cela, environ 40 000 manifestants se sont rassemblés et ont riposté en érigeant des barricades enflammées et en forçant les policiers à la retraite avec des projectiles. Les manifestants ont également occupé le siège de l'Université, abaissé le drapeau grec et élevé le drapeau rouge et noir à la place. Ensuite, la manifestation a continué vers la place Omonoia où la police se montra encore plus agressive, plusieurs magasins furent détruits, l'un embrasé. Sur la place Syntagma, des forces de police motorisées (équipe Delta) ont chargé la manifestation depuis la rue Ermou. Cette intervention a été filmée (1). A cause de cette orgie de violences policières, une personne âgée, Angeliki Koutsoumbou, ancienne combattante et prisonnière de la lutte contre la dictature, membre du Parti Révolutionnaire des Travailleurs (EEK), a été frappée par une moto de l'équipe Delta pendant la charge sur la foule. Suite au choc, elle est tombée inconsciente, l'épaule cassée et le même policier a continué à la frapper à la tête. Deux camarades venus la secourir sont également blessés à la tête et aux bras. Huit autres ont été arrêtés et sont maintenant en prison. Les médias occultent l'information mais selon Savas Michail, un leader trotskyste de l'EEK, Angeliki Koutsoumbou est en soins intensifs, elle souffre de blessures bien plus graves que celles qu'elle connut lors de ses tortures par la junte des colonels (hémorragie cérébrale et épaule gauche complètement détruite). Un autre homme a été hospitalisé pour des blessures graves. Plus de 60 personnes ont été arrêtées.


Le même jour, à Salonique, un grand rassemblement de 3000 personnes a dégénéré quand la police anti-émeute a attaqué, sans aucune raison, avec des gaz lacrymogènes et des grenades à déflagration. Des affrontements ont suivi le long de l'avenue principale de la ville. La police a encerclé 200 manifestants devant le ministère de Macédoine et de Thrace, mais ils ont été libérés grâce au soutien du reste de la manifestation. Contrairement aux rumeurs colportées par les médias, décrivant des groupes de casseurs agissant en marge des manifestations, les manifestants restent solidaires face à la barbarie et à la terreur d'État. La nuit précédente, la police a violé l'interdiction d'intervenir dans l'École Polytechnique de l'Université de Salonique et arrêté 8 personnes accusées par les autorités d'avoir attaqué l'Expo internationale avec des cocktails Molotov. Les manifestants ont continué à manifester dans l'avenue principale pour protester contre la brutalité policière.


A Larissa, des manifestations se sont tenues à travers les principales rues de la ville, brisant les caméras CCTV et subissant les attaques des forces de police anti-émeute. Les manifestants ont érigé des barricades et affronté la police avec des pierres et autres projectiles.


À Patras, 2000 personnes ont attaqué la mairie et brisé plusieurs banques. Il y a eu une cinquantaine d'arrestations préventives. Dans la ville de Xanthi, des émeutes ont éclaté avec des barricades enflammées. Les bureaux de l'entreprise nationale d'électricité ont été attaqués avec des cocktails Molotov.


A Ioannina, des émeutes ont éclaté, plusieurs banques ont été brisées et une quarantaine de personnes ont été arrêtées. Le centre social anti-autoritaire de la ville a aussi été attaqué par la police.


Des affrontements ont également éclaté dans la soirée lors d'une manifestation rassemblant 1500 personnes dans la ville de Volos. Des manifestations ont eu lieu également sur l'île de Rhodes et en Crête.


A Athènes, les compagnons arrêtés à Resalto ont été menés au tribunal du Pirée où des centaines de manifestants ont été attaqués avec des gaz lacrymogènes et des grenades à explosion par la police anti-émeute.


En attendant le match de la soirée, des supporters de football ont attaqué les forces de police en criant des slogans contre les violences policières.


Au centre-ville d'Athènes, malgré la terreur d'État qui a tout fait pour l'empêcher, près de 800 personnes ont réussi à traverser les lignes de police pour assister à un mémorial, une minute de silence à 21 heures, exactement un an après l'assassinat d'Alexis, à l'endroit du meurtre dans Exarchia. Les manifestants ont ensuite marché jusqu'à la place Exarchia mais leur trajet vers Polytechnique a ensuite été bloqué par les forces de police anti-émeute qui continuaient à assiéger les locaux universitaires occupés.


La tension a monté autour du siège de la police à Athènes quand elle a refusé que les avocats rencontrent les détenus des manifestations de la journée alors que leur nombre ne cessaient d'augmenter. Au moins 263 arrestations uniquement à Athènes ce weekend.


A Salonique, la police a encore une fois violé l'asile universitaire en entrant dans la cour principale de l'Université Aristote pour arrêter un homme. Au moins 88 personnes ont été arrêtées dans cette ville depuis le début des manifestations dimanche.


Des combats sporadiques se poursuivent à Athènes autour du siège de l'Université et de la faculté de droit occupée. Les médias répandent de fausses rumeurs au sujet du recteur qui a été hospitalisé en raison de ses problèmes cardiaques chroniques qui se sont aggravés avec le stress lié aux évènements.

On peut alors juger du travail des journaleux, ici de ceux de l'Express mais les autres ne valent guère mieux, on peut apprécier la qualité de la désinformation relayée par ces porcs.


Goebbles, sale chien, reviens t'as oublié tes maîtres!

Regarde tout ce qu'il te reste encore à apprendre!

 


ATHENES - La police a fait usage de gaz lacrymogène, dimanche à Athènes, pour disperser des casseurs en marge d'une manifestation organisée pour l'anniversaire du début des émeutes de l'an dernier.


La police grecque a fait usage de grenades lacrymogènes dimanche à Athènes pour disperser des casseurs qui, en marge d'une manifestation à l'occasion de l'anniversaire des émeutes de l'an dernier, ont brisé des vitrines, incendié des poubelles et lancé des pierres sur les forces de l'ordre. (Reuters/John Kolesidis)


Des jeunes cagoulés ont quitté le cortège pour s'attaquer aux policiers et à des biens. Deux manifestants et 16 agents ont été blessés, selon les forces de l'ordre.



Le doyen de l'université d'Athènes a en outre été hospitalisé après avoir été blessé à la tête par des jeunes qui ont fait irruption dans l'établissement, avant de brûler le drapeau grec qui flottait sur le toit et de le remplacer par une bannière anarchiste.


"Il semble que nous ayons surmonté le plus grand danger. Il y a 600 à 1.000 personnes qui jouent à cache-cache avec la police dans les bâtiments de l'université mais nous sommes déterminés à les arrêter", a déclaré un haut fonctionnaire ayant requis l'anonymat.


La police a fait état de 160 interpellations dimanche et d'un total de 270 arrestations pour le week-end à Athènes. Cent trente autres personnes ont été arrêtées dans le reste du pays, dont 80 à Thessalonique, où une trentaine de boutiques et de banques ont été endommagées.


"JE NE VEUX PAS VOIR BRûLER ATHÈNES"


Le 6 décembre 2008, la police tuait un adolescent de 15 ans, Alexandros Grigoropoulos, ce qui avait provoqué des semaines d'émeutes dans la capitale et dans plusieurs grandes villes du pays.


Le nouveau gouvernement socialiste a mobilisé plus de 6.000 policiers dans les rues de la capitale pour éviter une réédition des violences de l'an dernier, qui avaient provoqué des dégâts importants. Ces violences avaient été attisées par la crise économique et les inégalités qui frappe durement la Grèce.


La manifestation de dimanche a rassemblé quelque 3.000 personnes, pour l'essentiel des étudiants, des anarchistes et des gauchistes. De nouveaux rassemblements prévues lundi.


Plusieurs centaines de personnes ont par ailleurs assisté dans la soirée à une cérémonie à la mémoire d'Alexandros Grigoropoulos dans le quartier d'Exarchia, où il a été tué.


Son père, Vangelis, a lancé un appel au calme pendant les manifestations, estimant que des violences ne faisaient pas honneur à sa mémoire.


"Je ne veux pas voir Athènes brûler de nouveau", a-t-il expliqué à un quotidien de la capitale. "Cela ne ferait pas honneur à la mémoire de mon fils, cela la salirait".(2)


 

Pas un mot sur les exactions commises par la police malgré les images qui les prouvent diffusées sur la télévision grecque et disponibles sur Youtube (1).


Pas un mot sur les nouvelles victimes de ces exactions alors que Mme Koutsoumbou est toujours entre la vie et la mort.


Pas un mot sur les provocations et les violences policières qui ont précédé les manifestations (centres sociaux saccagés, arrestations arbitraires, accusations de terrorisme pour possession de bouteilles de bière, etc.)


Non! A l'Express et chez leurs collègues journaleux, on préfère, sans aucun travail d'enquête, colporter tous les clichés d'usage: les « casseurs » et les « jeunes cagoulés » qui s'en prennent aux biens et la police qui fait son travail pour rétablir l'ordre. Les images prouvant le contraire n'y font rien.


Policiers et journaleux internationnaux main dans la main, « ignominie » est un mot beaucoup trop doux pour qualifier ce que vous faîtes.

 

 

sources: - des sites trotskystes libcom.org, eek.gr.

             - info continue, vidéos, photos http://www.occupiedlondon.org/blog/

 


(1) Une video des charges motorisées sur youtube (quelques images des différentes étapes de la manifestation de dimanche à Athènes, les charges des motos à 3:07)


(2) La manifestation d'Athènes perturbée par des casseurs

 

 

Publié dans luttes sociales

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