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Amour Rouge rencontre Amour Noir et engage très naturellement la conversation:

  • - « Que penses-tu de l'amour, toi ?

  • - Moi, j'en ai marre d'être amoureux et que cela ne me serve qu'à être malheureux. La biologie semble être déréglée en ce qui me concerne. A moins que le problème soit autre...

  • - C'est à dire ?

  • - Je pense que l'amour n'est pas le produit de notre imagination ou de notre esprit. Je pense qu'il est quelque chose de naturel ou biologique qui nous arrive parfois, sans qu'on s'y attende ou qu'on le décide. Par contre, l'ensemble des comportements adoptés par les humains face à l'amour, lui, n'est ni naturel, ni biologique. Il est codé par des règles, des mœurs, des coutumes, des traditions, des modes, des tendances, etc. qui l'enserrent, prisonnier dans une construction sociale bien établie. Bref, si ce n'est pas la biologie, alors c'est la société !

  • - Que se passera-t-il quand je lui dirai combien je l'aime et je pense à elle ? » continue Amour Rouge.

  • - « Dans le meilleur des cas, il ne se passera rien ; sinon tu ne pourras plus jamais lui adresser la parole et c'est même pire que ça, l'amour peut rendre fou, l'amour peut tuer, l'amour peut amener à tuer ou à être tué. » répond Amour Noir.

  • - « Alors il ne faut rien dire ?

  • - Je ne pense pas qu'il soit possible d'aimer quelqu'un sans jamais lui en faire part. La personne aimée peut en revanche faire mine de ne rien entendre si cela l'arrange mais c'est un autre problème... En tout cas, il faut essayer de mesurer les conséquences de ce que l'on dit même si elles ne sont pas toujours prévisibles. Plus la situation est floue, moins elles le sont. De façon générale, il faut toujours essayer de dire les choses de manière douce et discrète.

    Tomber amoureux, c'est une sentence qui tombe telle une massue ou un couperet: on est condamné, forcé à déclarer la situation à celle qu'on aime et à en subir toutes les conséquences. Pour moi, elles ont été désastreuses, toujours. J'ai dû partir, tenter de refaire ma vie ailleurs, errer d'échecs en échecs... Le plus souvent, les conséquences sont désastreuses et on se dirige vers celle que l'on aime comme un condamné à mort qui traverse pour la dernière fois les couloirs de sa prison pour que tombe enfin la sentence.

    Si on n'en meurt pas tout de suite, être amoureux, c'est vivre un traumatisme et en porter à jamais les séquelles. L'amitié ne signifie plus rien ou bien trahison, mensonge, perfidie. La rancœur est inextinguible. C'est une pyramide que l'on a bâti longuement, pierre après pierre, dans une souffrance sans pitié. Il n'y a en amour ni oubli ni pardon car le mal est trop grand et ses conséquences irréparables. On peut mourir ou survivre et survivre, c'est vivre une vie vide qui n'a guère plus de sens que la mort. Tomber amoureux, c'est donc tomber pieds et mains liés avec comme seul destin la mort.

  • - Mais si je lui dis doucement, elle ne va pas me guillotiner ou m'attaquer à coups de massue !?

  • - La massue n'est qu'une image pour décrire la violence du choc, du traumatisme vécu mais ce choc, cette torture longue, parfois interminable, est provoquée par quelque chose d'invisible contre laquelle il est impossible de se défendre. On ne peut que se préparer ou du moins essayer mais, pris dans la chute, tout devient de toute façon inutile.

  • - Et si elle m'aime ?

  • - C'est là quelle sera la plus dangereuse.

  • - Mais si elle m'aime, qu'elle veut qu'on se marie, qu'on fasse des enfants, etc. Si elle veut la vie et non la mort ?

  • - Alors je ne sais pas ! Peut-être que le bonheur existe mais je n'en ai jamais eu la moindre expérience. Je ne peux que te parler de mes expériences amoureuses, ce qui, tu le vois bien, n'a rien à voir.

  • - Penses-tu connaître le bonheur un jour ?

  • - Je pense que l'amour heureux est un mensonge inventé pour nous faire souffrir encore davantage. Espérer vivre ce bonheur un jour, c'est s'infliger une souffrance inutilement, alors je n'espère rien. C'est une épée de Damoclès qui est sur ma tête, un couperet qui peut tomber à tout instant. Entre deux tempêtes, je profite de l'accalmie. L'amour est un malheur qui nous accable et nous détruit.

  • - L'amour peut aussi nous conduire à réaliser de grandes choses.

  • - Non ! L'effort et le travail le permette. L'amour est un poids qui nous plombe et nous fait tomber, c'est le contraire de ce souffle léger qui nous porterait à soulever des montagnes.

    Toutes les choses que j'ai faite par amour (ou à cause de l'amour) n'ont jamais eu comme seul fin que de me rendre plus malheureux car toutes ces choses étaient inutiles et vaines.

  • - Serais tu plus heureux si tu n'avais rien fait ?

  • - Je ne sais pas. Ce que l'on fait est surtout dérisoire par rapport à ce que l'on ressent. Tellement dérisoire que ne rien faire me paraît aujourd'hui une option très sage.

    Mais toi, Amour Rouge, dis moi ! Que ferais-tu par amour ?

  • - Je ferais tout ce que je peux faire pour la rendre heureuse !

  • - Et que peux-tu faire ?

  • - Mille choses ! La première sera d'écrire ce dialogue qui me ronge la tête.»



Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /2009 04:16
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Idées politiques

La signification réelle du mot "République" est "chose publique", donc ce qui est propre à la collectivité et englobe la propriété collective.

"Démocratie" signifie le libre exercice des droits individuels, ce qui n'est praticable que dans l'Anarchie.

La véritable république démocratique et fédérale est la propriété collective, l'Anarchie et la Fédération économique, c'est à dire la libre fédération universelle des libres associations ouvrières, agricoles et industrielles.

Section régionale espagnole de la Première Internationale. 1er Septembre 1871.

"La république est une anarchie positive.

Ce n'est ni la liberté soumise A l'ordre, ni la liberté emprisonnée DANS l'ordre.

C'est la liberté délivrée de toutes ses entraves, la superstition, le préjugé, le sophisme, l'agiotage, l'autorité; c'est la liberté réciproque, et non pas la liberté qui se limite; la liberté non pas fille de l'ordre mais MERE de l'ordre."

Pierre-Joseph Proudhon
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