Cette nuit là, la foudre est tombée.

Publié le par ced



Cette nuit là, la foudre est tombée. J’étais dans ma chambre. La fenêtre était ouverte et je dormais d’un sommeil apaisé par le contact de l’air embaumé de la nuit. Dans cette tranquillité nocturne, tout mon être se reposait et ce détendait paisiblement…

 

Puis, quelque chose d’étrange et de soudain se produisit : il t’appelait, Celia ! Ah, comme il t’appelait de toute son âme et de toute sa chair ! L’alpha et l’oméga des désirs de mon cœur jaillirent involontairement de mes lèvres sous forme d’un souffle : « Celia, je t’aime ! »

 

En prononçant ces mots que me dictait mon inconscient, je m’éveillai, j’ouvris les yeux et, à cet instant précis, ma surprise et mon incompréhension furent à leur comble : une sublime lumière blanche et vive descendit du ciel pour ébahir ma vue. Cette étrange illumination, je ne l’ai pas rêvée : mes yeux ont été tirés de leur inactivité par une force mystérieuse et puissante pour recevoir de plein fouet cette clarté fantastique. Un éclair envahissait toute la nuit et la foudre tombait. Peut-être n’était-ce que l’œuvre du hasard…

 

Dans le même instant, un frisson électrique incontrôlable se mit à parcourir chaque millimètre carré de la surface de mon corps, allongé sur le dos, bras et jambes écartés, entièrement immobilisé et raidi à l’extrême.

 

Tous mes sens éveillés de façon si subite et si énigmatique s’accordèrent à m’indiquer très clairement une seule chose : je n’étais pas seul…

 

Tu vas me trouver superstitieux, et il est vrai que j’ai un peu de superstition dans le sang mais mon esprit (scientifique) s’attache à la raison et je tiens à raconter les faits de façon exacte et sans divaguer.

 

D’un point de vue purement scientifique et matérialiste, j’étais seul dans ma chambre et si je dis que je ne l’étais pas, c’est que je pense malgré tout qu’en esprit nous nous sommes rencontrés. Peut-être que, dans l’inconscience du sommeil, ton âme s’est évadée, échappée, envolée, momentanément, et s’est éloignée de celle d'Edwin pour venir consoler la mienne.

 

En tout cas, je t’ai entendue. Une petite voix… je ne saurai dire d’où venait cette vibration acoustique subtile et pénétrante. Je ne saurai expliquer la présence de cette douce mélodie, de cette suavité qui m’emportait, qui m’envoûtait, qui m’enivrait, qui m’ensorcelait, irrésistiblement. Je ne sais pas d’où elle venait mais je sais à qui elle était et elle était là…

 

Quand enfin je repris tous mes esprits, je me levai et regardai l’heure : deux heure du matin. Je roulai une cigarette et m’approchai de la fenêtre. Dehors : la noirceur de la nuit et la pluie qui tombe…

Publié dans poésie

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