« Je ne peux pas te laisser comme ça. »

Publié le par ced




« Je ne peux pas te laisser comme ça. »

 

 

 

Ecrire des mots pour décrire des maux. Analyser, chercher, comprendre pour sortir du smog et peut-être trouver la lumière, le chemin, l’espoir, l’amour, le bonheur,...


Décrypter quelques messages encore obscurs, marcher au hasard et à tâtons, espérer on ne sait quoi, aimer on ne sait comment puis perdre pied quand tout se dérobe et tomber. S’accrocher au vide et tomber encore, comme dans un puits sans fond. Tomber vers les profondeurs abyssales où la lumière n’est que le rêve irréel d’un songe qui n’existe pas.


Continuer à tomber, inévitablement. Voilà le seul chemin véritable, la seule voie qui soit. Il n’y a pas d’autre issue possible. Toute autre destination en dehors n’est qu’une pure illusion chimérique, une immaculée conception  fantasmée par un esprit fou d’orgueil qui voudrait s’évader, s’échapper, s’envoler et oublier son enveloppe charnelle, matérielle, pesante.


Le bonheur est un conte de fée, l’amour est une romance à l’eau de rose, l’espoir est une fiction fantastique. Le dénouement est à sens unique, la sentence ne varie pas, la chute est inéluctable.


Tout tombe, tout coule. Il n’y a pas de flottaison, l’illusion ne dure qu’un instant et puis le temps s’écoule.

Je t’ai aimé, je m’en souviens et je suis tombé.

Tomber amoureux, c’est encore tomber. Tomber dans cette chute infinie où tout semble se transformer. Rien ne change même si tout paraît désormais différent mais c’est plus qu’une illusion car on y perd la raison. On quitte à jamais cet univers rationnel où chaque événement est déterminé à partir du précédent par une relation de cause à effet, pour continuer à tomber dans un prolongement infiniment plus vaste : l’univers réel, presque entièrement irrationnel et dans les méandres duquel la raison se perd.

Tomber toujours, tomber sans cesse, à cause de cette immense force gravitationnelle de la nature qui nous mène par le corps, nous emmène vers la mort et contre laquelle on ne peut rien sinon vivre, marcher, espérer, aimer et continuer à tomber…


La vie est une chute, l’issue fatale est la mort. Seuls les rêves flottent, parfois très haut, comme les idéaux.


J’ai rêvé de toi. La tête dans le creux de ton cou, un effluve imaginaire a envahi mes poumons et ma peau brûlait délicieusement. Ce fut le bonheur surréaliste d’un instant qui s’envola puis mon sang se glaça, tu n’étais pas là.

Publié dans poésie

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