Agitations étudiantes en Serbie

Publié le par ced

Au milieu des Balkans, dans une Serbie isolée du reste de l'Europe, un mouvement étudiant émerge.

Le 26 mai 2 000 déjà, suite à la décision du gouvernement serbe de fermer l'Université de Belgrade, plus de 5 000 étudiants manifestaient à Belgrade, réclamant le départ du président yougoslave Slobodan Milosevic et la fin de la campagne de répression du régime contre les opposants. «Nous estimons de notre devoir d'élever notre voix contre la privation des droits et libertés civiques (...) et demandons en conséquence aux responsables de la déchéance de la Serbie de céder le pouvoir pacifiquement», déclaraient les étudiants de l'université de Belgrade dans un appel. Les étudiants, salués par les passants, étaient protégés symboliquement par une trentaine de mères vêtues de blanc, portant des bouquets de marguerites blanches.

Malgré la « révolution du 5 octobre » (en 2005) pour la démocratie, beaucoups affirment aujourd'hui encore que les objectifs annoncés en 2000 ont été trahis :

En mai et juin dernier, l'Union de l'Education de la Confédération Unitaire de l'Initiative Anarco-Syndicaliste (inicijativa.org/) et le Mouvement du Front Social de Solidarité et Démocratie Directe (www.socijalni.front.ru/) lancèrent la campagne " à bas les taxes universitaires " au sujet des bourses à l'Université de Belgrade (photos) . Dans les premières semaines d'octobre, au début de cette année scolaire, ils sèment des pamphlets et recueillent des signatures contre les taxes universitaires. Alors, une assemblée dans la Faculté de Philosophie est réalisée dans l'objectif d'organiser une protesta plus radicale. (photos)

Le 12 octobre est organisée devant la Faculté de Philosophie une fête de protesta à laquelle prennent part plusieurs centaines d'étudiants.(photos) . Le 18 octobre, les étudiants réservent un bon accueil au Premier Ministre serbe et au Ministre de l'Education qui se promenaient dans l'enceinte de l'édifice, en criant des slogans comme " on ne veut pas payer " , " éducation gratuite " , " à bas les taxes universitaires " , etc. Les politiques seront pas mal effrayés. (photos)

Le 27 octobre s'organise une marche de protesta à laquelle participeront plus de 500 personnes. A côté du thème des taxes universitaires, s'ajoutent d'autres revendications comme la comparaison des masters pour les étudiants qui passeront leurs examens dans Bologne ; ce processus s'étant bien introduit en Serbie tandis que l'Université essaie d'obtenir plus de moyens et d'organiser un niveau d'éducation supérieure pour les étudiants qui veulent suivre un master. (photos)

Une vidéo de la manifestation : inicijativa.org/files/video/20061027-protestna_setnja.wmv

Le 6 Novembre, pendant que les plus hauts représentants du corps universitaire (Konus) se rencontrent, s'organise une protesta avec plus de 800 personnes ; " Voleurs ! " , " Bande de bourgeois ! " , voilà ce qui leur est crié et les doyens restent enfermés à l'intérieur de l'édifice. Pendant un bon moment, personne ne les laisse sortir et les étudiants criaient " Combien coûtent vos suites ? " , " Voleurs ! " , etc. (photos)

Le 16 Novembre, une marche de protesta s'organise, les principales rues de Belgrade seront bloquées et les étudiants crieront devant les édifices du Parlement, du Gouvernement et du Ministère de l'Education : "Ce sont les nids des voleurs " , " A bas les taxes universitaires !" (photos)

Le lendemain, à Novi Sad, des centaines d'étudiants protesteront et entreront dans la salle où était réuni le Konus et apostropheront les doyens. (photos)

Dans le même temps, les organisations bureaucratiques étudiantes, comme l'Union des Etudiants de Serbie (SUS) et l'Union des Etudiants (SSB) , affrontées par ce grand numéro des étudiants qui sont venus à la protesta et aux actions, tentent d'en terminer avec eux et de détourner l'attention sur le thème des taxes universitaires, pour ce concentrer seulement sur les masters. Ils veulent briser le mouvement en en prenant la tête alors que, sans aucun doute, la structure du mouvement étudiant est non hiérarchique, basée sur les décisions des assemblées étudiantes qui en jouent le rôle clé.

Le 22 Novembre s'organise une protesta devant la Faculté de Philosophie. Là est décidée l'occupation de la Faculté. Les étudiants restent à l'intérieur de l'édifice, mangent, dorment, débatent, chantent, filment, préparent des pamphlets et par hypothèse, les classes sont supprimées... (photos)

source : CNT 330 www.periodicocnt.org

 

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