"Sans toit, je meurs."

Publié le par ced

Le droit au logement pour tous et toutes et sans conditions est une revendication vitale pour des sans-logis de plus en plus nombreux.

Ceux qui prétendent le contraire sont des assassins : pour eux, les logements sont des placements financiers, avec lesquels ils spéculent, pour en faire augmenter toujours la valeur. (ils ne veulent même pas s'occuper de les louer, ça leur demanderait trop de travail !) Ils se moquent bien que ces placements financiers puissent sauver les vies d'hommes, de femmes et d'enfants en servant de logements !

Le logement des sans-abrits reste malgré tout une revendication populaire et c'est pour cela qu'elle est reprise par des politicards de toutes sortes et des gourous en mal d'adeptes. Ce n'est pas étonnant et ce n'est pas nouveau. (Hivers 54...)

Mais ce fillon est casse-gueule pour tous ces récupérateurs ambitieux et ils ne tarderont pas à s'en appercevoir. Le débat sur la réquisition des logements vides est relancé mais les beaux parleurs qui se laissent emporter dans leurs déclarations ne se rendent pas bien compte de ce qu'ils disent, les promesses de ces professionnels de la démagogie ne trompent personne :

On ne peut pas d'un côté chasser les squatteurs à coups de lacrymo et de matraques (quitte à défoncer des églises à la hache) et de l'autre réquisitionner des logements vides pour eux. Ce serait leur donner raison a posteriori. (c'est à dire après les avoir jugés et condamnés ; gazés, matraqués, menottés et expulsés)

Tous ces rigolos qui se sont précipités sous les projecteurs mediatiques n'ont pas compris que le droit au logement s'oppose au droit à la propriété. Or nos sociétés ont choisi le droit à la propriété, c'est un droit constitutionnel en France (au dessus de tous les autres) et c'est pour cela qu'il y a des sans-logis qui meurent dans la rue tous les hivers : c'est le droit absolu des propriétaires des logements vides d'en interdire l'usage à autrui même si c'est une question de vie ou de mort. Remettre cela en question, c'est remettre en question le droit à la propriété, c'est remettre en question la constitution. Le savent ils ?

Dans Principes métaphysiques du droit (traduction de Tissot) Emmanuel Kant désacralisait déjà la propriété en démontrant la subordination du droit de chacun à la propriété privée aux "arbitres réunis en une possession commune"  :

"Le droit à une chose est le droit de l'usage privé d'une chose au sujet de laquelle je suis en communauté de possession (primitive ou subséquente) avec tous les autres hommes : car cette possession commune est l'unique condition sous laquelle je puisse interdire à tout autre possesseur l'usage privé de la chose ; parce que, sans la supposition de cette possession, il serait impossible de concevoir comment moi, qui ne suis cependant pas actuellement possesseur de la chose, je puis être lésé par ceux qui la possèdent et qui s'en servent.

Mon arbitre individuel ou unilatéral ne peut obliger autrui à s'interdire l'usage d'une chose, s'il n'y était obligé d'ailleurs. Il ne peut donc être obligé que par les arbitres réunis en une possession commune. S'il n'en était pas ainsi, on serait dans la nécessité de concevoir un droit dans une chose, comme si elle avait une obligation envers moi, et d'où dériverait en dernière analyse le droit contre tout possesseur de cette chose : conception vraiment absurde. "

La "possession commune" est ce qui est à tout le monde, c'est la fameuse chose publique de la République, donc ce qui est propre à la collectivité et englobe la propriété collective.

Les " arbitres réunis en une possession commune " sont donc tous et toutes, la République, " la véritable république démocratique et fédérale " définie par la Section régionale espagnole de la Première Internationale le 1er Septembre 1871 comme " la propriété collective, l'Anarchie et la Fédération économique, c'est à dire la libre fédération universelle des libres associations ouvrières, agricoles et industrielles ".

C'est donc à chacun de nous réunis autour de la République d'arbitrer collectivement des limites du droit de chacun à une chose et d'arbitrer, par exemple, si le propriétaire d'un logement innocupé a le droit d'en interdire l'usage à des familles qui mourront de ne pas avoir de toit ; d'arbitrer, plus généralement, si l'on peut continuer à tuer les misérables au nom d'une idéologie du nom de "sciences économiques".

Le problème est que la misère est à la fois cachée par ceux qu'elle touche et volontairement ignorée par ceux à qui elle profite, tant et si bien que son ampleur est toujours largement sous estimée par tous. Alors, en guise de remède, on se contente de lâcher quelques miettes de charité, dans un grand élan de "générosité". Certains osent même appeler ça de la "solidarité" !

Cette charité n'a qu'un seul objectif : entretenir la misère. L'action charitable exclue de fait les principaux concernés : elle est réservée à ceux qui possèdent de quoi être charitable, c'est à dire précisément ceux qui ont trop. Les associations caritatives participent donc activement à l'exclusion sociale en maintenant les exclus dans la mendicité. Le pire, c'est que ces bons seigneurs attendent des remerciements, comme au Moyen Age. Ils oublient qu'à une certaine époque, on leur a coupé la tête !

Les sans-abrits et tout ceux et toutes celles qui sont directement frappés par tout ce que peut contenir de plus injuste le système dominant n'obtiendront jamais rien d'autre de la charité que toujours plus d'humiliations et de rabaissements dans leur condition.

La charité est la négation de la dignité.

La justice ne peut passer que par une remise en cause totale de notre système dans une action collective des oppriméEs eux même : la Révolution. Elle est le sens de la philosophie de la misère, de l'histoire des peuples, une composante universelle de l'humanité que rien ne peut taire. Il ne s'agit pas de quémander mais de récupérer sans négociations ce qu'on nous a volé, c'est à dire tout.

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans luttes sociales

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rions un peu 09/01/2007 22:24


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Pour un "anarchiste", il fallait oser accepter ça : c'est la nouvelle révolution ? Un anarchiste policier ?

Un zeste de flicage : quand on poste un commentaire sur le blog de CED, les mentions suivants apparaissent, piquées sur l'ordinateur du commentateur :

 nom de messagerie  adresse de messagerie  IP de l'ordinateur

A noter, que comme chez les bons flics, l'adresse IP est mémorisée : à bon entendeur Anarchiste !

IL faut accepter les cookies et les scripts Java : cela permet de tout récupérer comme information, ce que dénonce la peu révolutionnaire CNIL

Découvrez comment vous êtes pisté sur internet...

essayez de poster un commentaire sur Anarced : c'est très amusant !

Moi, je me méfie comme de la peste brune d'un site "révolutionnaire" qui apparait fort à propos en cette fin d'année 2006 pour collecter de telles informations : c'est très curieux, non ?

ced 09/01/2007 23:48

On nous piste et on nous fiche, c'est vrai. On pourrait se servir de ces renseignements pour les rafles, c'est vrai aussi mais remarquons tout de même que l'on préfère en ce moment rafler les sans-papiers, hommes, femmes et enfants que l'on entasse dans les baraquements embarbelés des camps de détention, comme du bétail, jusqu'à ce qu'on les expulse là d'où ils ont fuit au péril de leur vie.
Des policiers circulent armés dans les rues et pourraient nous tirer dessus à tout moment, aussi.
Je ne suis pas paranoïaque et je n'ai aucune envie de perdre mon temps à m'inquiéter de cela car ça ferait leur jeu. La peur amène la terreur. La terreur dévoile les plus bas instincts des hommes.  Peut-être qu'ils m'auront, peut-être qu'ils t'auront, peut-être pas mais de toute façon, nous mourrons tous un jour, seuls.