Une voix de quartier

Publié le par ced

" Il n'y a que les imbéciles qui sont nés quelque part. " N'empêche qu'on est tous nés quelque part et que ça me fait toujours quelque chose de me promener dans le quartier où j'ai grandi, que j'ai aimé et que j'ai quitté sans le vouloir. N'en déplaise aux néo-soixante-huitards qui se complaisent dans des slogans trop courts et qui ne connaissent rien de l'exil !

Ca fait longtemps qu'on a pas vu passer un bourgeois dans le quartier de Beaulieu et il y a beaucoup de quartiers comme ça en France. Les " dorures et beaux parquets " et le " Triangle d'Or " , dont ferait partie la commune de Wattrelos qui comporterait " plus de grandes fortunes que le 16° arrondissement " , il n'y a que les cachetelés du coin qui les ont vu dans leurs hallucinations délirantes et embrumées.

Non dans le quartier de Beaulieu, il n'y a rien qui puisse intéresser la bourgeoisie, à peine un arrêt de bus à côté du lycée-poubelle Zola. Tous les bourgeois qui y ont peut-être habité un jour ont déguerpi depuis déjà longtemps. Quelques commerces ont brûlé, tous les autres ont fermé, il y a déjà plusieurs dizaines d'années de cela.

Cela dit, tout n'est pas laid à Beaulieu : il y a par exemple des bandes de jeunes et des anciens communistes qui essaient de revitaliser le quartier. Ils ont compris que pour eux ça serait très dur et que la solution ne peut être que collective et bâtie dans un esprit cosmopolite de respect et d'entr'aide.

Il y a aussi ceux qui ont abandonné : des cachetelés désespérés qui se bourrent de drogues de toutes sortes et s'empifrent de chips au bas des escaliers...

En dehors de ces deux choix, il n'existe aucune autre alternative pour les jeunes : la lutte ou la drogue, vaincre ou mourir.

La solution au " problème des banlieues " viendra de ceux qui ont grandi dedans. Elle se construit lentement, trop lentement peut-être, mais solidement : rien ne pourra la détruire ni même l'arrêter.

La Révolution est un changement de société : la construction sur les ruines de l'ancien monde d'un monde nouveau plus juste et porteur de liberté, d'égalité et de fraternité.

Pour que la société s'élève ainsi, il faut que chacun d'entre nous s'élève aussi. Il faut que l'émancipation du peuple ne soit pas qu'une formule creuse agitée par des politiciens manipulateurs mais le produit d'une éducation militante et populaire active.

La Révolution appelle l'oeuvre de tous et toutes.

Publié dans luttes sociales

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rions un peu de tes commentaires 07/01/2007 23:11

pour te citerDans le Gers, les jeunes précaires sont influencés, fascinés (pour ne pas dire autre chose) par la chiraquie locale très implantée ou par le FN (la moitié des voix dans ma commune) . Les bandes de jeunes sont des sociétés communautaires, racistes, sectaires et fortement hiérarchisées où l'alcool, la drogue et la bêtise la plus sordide coulent à flots mais où tout le reste est à sec. Ils passent leur temps à prendre des cuites, à se battre entre eux pour des femmes "au fait, mon IP, je m'en fous qu'elle soit mémorisée : les flics me connaissent déja, alors un peu plus, un peu moins... mais ce n'est pas le cas de tous

ced 08/01/2007 13:19

Les deux textes sont effectivement à mettre en parallèle pour bien expliquer le problème. Il n'y a pas de contradiction.

on ne rit plus 07/01/2007 23:05

tiens, ce ne sont plus des fascistes ?C'est très curieux, l'intérêt soudain pour les prolos

ced 08/01/2007 13:22

Les fascistes sont souvent des prolos. Hitler, par exemple, a fondé les S.A .en recrutant des clochards.

rions un peu 07/01/2007 07:36

je ne savais pas que l'on s'exilait de l'Enfer du Nord pour les rejoindre les racistes du Gers, mais bon, il y a une explication rationnelle.Pauvre petit : le {chemin de Compostelle} est certainement très dur, trop dur !De Wattrelos dans le Nord au Gers, c'est très fatiguant, à pied : prendre la R Rue de Beaulieu, Avenue Aristide Briand, Rue Albert 1er, Boulevard de Beaurepaire , Rue d'Orchies, Boulevard de Mulhouse,Boulevard de Reims , Rue Armand Meeschaert, Rue Paul Wante, Avenue Linné, Place Charles-Louis Spriet , Avenue Charles Fourier, on entre enfin dans Hem : on se retrouve à la paroisse où l'on reçoit un coup de bénitier, et suivant l'heure, on assiste à la {messe ou aux vêpres}.Première étape chez les Moinettes, que l'on a interdiction de sauter ! (chimie ou pas : ni les hormones mâles, ni les phéromones émises par notre jeune croisé n'auront eu d'influence...)978 km, un peu plus un peu moins, sans compter les Chemins de Croix, , pour arriver enfin à Lectoure (32)on arrive donc dans un département merveilleux, où l'on peut enfin se reposer.    [Deux routes allant vers St Jacques traversent le département du Gers->http://www.tourisme-gers.com/fr/organisateurs-voyages-gers/st-jacques-compostelle.asp]Pour notre petit CED, c'est la "révélation" ! Plus question d'aller à St Jacques : il a son compte d'hosties et de vin de messe baptiséEnfin quelques spécialités culinaires dignes d'un jeune homme en pleine santé, bronzé, la peau tannée par la pluie du trajet :{Volailles, foie gras, confit, garbure, ail, melon, pastis gascon, vins d’appellation (Saint-Mont, Madiran, Pacherenc du Vic-Bilh, Côtes de Gascogne, Côtes du Condomois, Floc de Gascogne et la célèbre eau de vie d’Armagnac) garnissent les tables.}On lui dit vraisemblablement : "Savez-vous pourquoi la cuisine du Sud-Ouest est aussi savoureuse ?_ Tout simplement parce que les gascons sont gourmands et qu’ils adorent faire la fête autour d’une bonne table."Notre jeune homme abandonne donc les autres pélerins, pour un bonheur sans égal.[http://www.tourisme-gers.com/gers-vacances/gers-en-image-diaporama.asp->http://www.tourisme-gers.com/gers-vacances/gers-en-image-diaporama.asp]Depuis, il se consacre à déjanter sur les Cathos dont il connait  si bien les travers ... de cheminIl y  prône, tant bien que mal , la {Révolution} , après la {Révélation}, harragant les pélerins.Les jeunes du coin, qui n'ont rien compris à la {Révolution}, le surnomment l'{Exilé des Corons} (l'image du Nord), confondant avec l'{Exilé des Filatures} (fermées...de Wattrelos)  : on comprend la frustration de notre {Né Quelque Part}.{Pour que la société s'élève ainsi, il faut que chacun d'entre nous s'élève aussi} : après l'{Ascension}, voici la {Révolution} : on ne change guère que de {Révélation}Le dernier jeune Bourgeois de Beaulieu est parti : depuis, le quartier se délite, cqfd.Offrons lui de quoi revenir de son exil peut-être : ou : il pourra tailler la route du retour ( de la Révolution" ), bien sur ou mieux :Ca aurait de la gueule, non ? à Beaulieu, ce serait le {{retour de l'Enfant Prodigue}}

ced 07/01/2007 13:25


Les témoins de Géovah qui vantent le Gers où " volailles, foie gras, confit, garbure, ail, melon, pastis gascon, vins d’appellation (Saint-Mont, Madiran, Pacherenc du Vic-Bilh, Côtes de Gascogne, Côtes du Condomois, Floc de Gascogne et la célèbre eau de vie d’Armagnac) garnissent les tables. " (comme une subite envie de dégueuler) ne doivent pas connaitre les conditions de travail des intérimaires de l'agro-alimentaire qui, par exemple, vident les poulets à la chaîne et à une cadence infernale.
Tous ces jeunes travailleurs n'ont le choix qu'entre les plus sales besognes et ne gagnent que des clopinettes même s'ils ont de hauts diplômes. Ils courent de petits boulots en petits boulots parcourant matins et soirs des dizaines de kilomètres sur les petites routes sinueuses parfois verglacées et embrumées (beaucoup de morts) sans aucune perspective d'avenir.
Ils plient sous le joug des caciques locaux qui nient des façons les plus perverses la réalité de leur exploitation du haut de leur hypocrite paternalisme féodal. Ce n'est évidemment pas l'ANPE qui leur trouvera mieux que les boîtes d'intérim et le racisme des caciques est si preignan qu'il est impossible aux travailleurs de se défendre puisque dans le Gers tout est beau et il est interdit de dire le contraire.