Voilà 2007, amour, révolution et justice !

Publié le par sed

La nouvelle année est rituellement l'occasion de souhaiter la bonne année aux gens que l'on aime. En vérité, on souhaite la bonne année comme on souhaite le bonjour : à n'importe qui et sans aucune conviction, par simple politesse mais certainement pas par amour.

L'amour donné peut-il conduire ailleurs que vers le désespoir de n'être jamais aimé autant ? Aimer sans retour ne tient-il pas du sacrifice et donc de l'injustice ? Parce que l'on a aimé sans jamais aucun retour, comme les excluEs et les frustréEs, faut-il pour autant cesser d'aimer ? Un monde où les gens cesseraient de s'aimer ne serait-il pas un monde barbare ?

Aucune société civile ne peut contenir, enfermer en son sein l'amour. Depuis la fin de la "monarchie de droit divin", nul ne conteste que la société civile est celle que les citoyens électeurs ont choisi qu'elle est donc le produit d'une raison humaine. Or le coeur a ses raisons que la raison ignore ! C'est pour cela que l'amour ne comprend pas la société civile et la société civile ne comprend pas l'amour.

"Hors de la société civile, il y a perpétuellement guerre de chacun contre chacun" disait Thomas Hobbes. Or l'amour est un sentiment obstinément mystérieux qui échappe à la société civile comme il échappe à la raison, il se trouve donc au milieu de cette perpétuelle "guerre de chacun contre chacun" . L'amour est victime de cette guerre.

Pour triompher de cette guerre, l'amour appelle continuellement à la révolution parce qu'il a besoin de la justice, de cette justice que la nature a gravé dans nos coeurs disait Voltaire, de cette justice immanente à l'âme humaine dont elle est le fond, sa puissance la plus haute et sa suprême dignité disait Proudhon.

L'amour, la révolution et la justice ont ceci de commun : ils ne sont en aucun cas des commandements intimés par une autorité supérieure comme pourtant beaucoup de tyrans le prétendent encore, tout au contraire, ils appellent perpétuellement à la création de toutes et tous. Tout reste toujours à inventer : c'est à chacune et à chacun de porter le débat pour qu'il s'élève.

Ce qu'ignorait Thomas Hobbes, c'est que cette perpétuelle "guerre de chacun contre chacun" se trouve aussi à l'intérieur de la société civile surtout quand elle est capitaliste et qu'elle préfère la compétition, la concurrence et l'arrivisme à la liberté, l'égalité et la fraternité, surtout aussi quand elle est patriarcale et qu'elle préfère l'autorité destructrice du père sur la femme et ses enfants, traités comme des chiens, à la liberté, l'égalité et la fraternité entre toutes et tous...

Alors pour 2007, pour moi, pour toi et pour nous tous, je ne souhaite rien d'autre que l'amour, la révolution et la justice!

Publié dans luttes sociales

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