l'Education Nationale meurt, vive l'école!

Si notre école est en panne aujourd'hui, gageons que le peuple saura se rappeler que cette école gratuite laïque et ouverte à tous et toutes, il la voulait et que sur les cendres de l'Education Nationale, une école reste à construire !



Au Cimetière du Père-Lachaise à Paris, sur la tombe de Malik Oussekine, victime du 6 décembre 1986, où lors d'une manifestation étudiante contre le projet de réforme universitaire du ministre Alain Devaquet, ce jeune homme de 22 ans, étudiant à l’École supérieure des professions immobilières (ESPI) trouve la mort après avoir été molesté par la police, on peut lire :

"Nulle calamité n'atteint
la terre ni vos personnes
qui ne soit consignée dans
un livre, avant que nous la
fassions survenir en vérité,
[...]"
SE LVIIVZZ
"Ils pourront couper toutes les fleurs
Mais ils n'empêcheront pas la venue du printemps"

D'accord avec la stèle (si ce n'est la rature que je me suis permis) , je dis que tous les problèmes ont des sollutions dans des livres et que, mathématiquement (c'est un problème d'optimisation) , il en existe une meilleure.

Cependant, l'optimisation est avant tout une affaire d'optimistes et j'ajoute quant à moi qu'il s'agit surtout d'aimer les livres !

Pourtant, il ne suffit pas d'aimer les livres, il faut les lire. Il ne suffit pas non plus de les lire, on peut peut-être aussi en écrire mais il ne suffit pas d'écrire des livres... Il faut ouvrir des écoles pour tous et toutes pour qu'ils et elles puissent venir les étudier.

Il faut en outre la garantie pour tous et toutes de recevoir une éducation dont le rôle est "à la fois, de paralyser, chez l'enfant, d'étouffer, de tuer si possible les prédispositions mauvaises, les tendances fâcheuses, et de stimuler, de développer, de fortifier jusqu'à leur épanouissement intégral les heureuses dispositions, les aptitudes fécondes, les poussées généreuses, les nobles élans."
(Sébastien Faure)

Alors, on ne peut pas défendre une Education Nationale qui ne répond pas à sa tâche éducative et qui laisse crever les jeunes en ne leur proposant aucun avenir en particulier dans les Z.E.P. où les conditions d'enseignement se dégradent de plus en plus parce que le nombre de professeurs est insuffisant et qu'il manque d'outils pédagogiques. Cette école où la pédagogie disparaît derrière la répression prend de plus en plus les traits d'une prison et la transformation est totale lorsque la police emmène certains écoliers dans les camps de "rétention" ou dans les Etablissements Pénitenciers pour Mineurs.

On ne peut pas défendre l'Education Nationale qui laisse crever en ce moment les professeurs remplaçants qu'ils appellent aujourd'hui professeurs vacataires et qui doivent survivre dans des conditions innommables parce que leur statut ne cesse de se dégrader depuis 30 ans. (voir l'article LES PROFESSEURS VACATAIRES)

Cette Education Nationale que l'on ne peut pas défendre se meurt ! Qu'elle crève, entend on déjà !

Beaucoup, par dégoût de l'Education Nationale, de ses maîtres, de ses professeurs et du rapport hiérarchique au savoir en sont arrivés à l'idée qu'on peut aimer lire sans aller à l'école, et qu'on peut croire (!) en l'éducation sans école, voire une société sans école et brandir face à l'Education Nationale un livre de Ivan Illich ainsi que quelques expériences d'autoéducation...

Ce qu'ils et elles veulent ? Des lieux ouverts avec des livres, des échanges entre égaux, de la connaissance, du temps et de la liberté !

Ils balayent l'école d'un geste rapide simplement parce qu'ils n'ont pas aimé ça mais peut-être aussi parce qu'elle ne voulait pas s'occuper d'eux... Ils ne se doutent pas que leurs lieux de rencontre et d'autonomie ne sont rien d'autre que des écoles !

Le mot "école" vient du grec "skolh" qui veut dire "loisir consacré à l'étude". Des lieux ouverts avec des livres, des échanges entre égaux, de la connaissance, du temps et de la liberté constituent donc évidemment des écoles !

Ivan Illich a servi (peut-être sans le vouloir?) une propagande anti-école soi-disant "libertaire" de la mouvance soixante-huitarde que Léo Ferré chante très justement (ya basta !) et qui n'a servi au final que la casse du service public de l'Education Nationnale à la plus grande joie des capitalistes et des catholiques parce que, lorsque la "laïque" n'existait pas, le quotidien de la jeunesse populaire, c'était, souvenons-nous en tout de même : travail forcé à la mine ou à l'usine toute la semaine et catéchisme le dimanche...

Aujourd'hui, les capitalistes et les catholiques avec leur apprentissage à 14 ans et travail de nuit dès 16 ans ou avec (cela depuis longtemps) leurs écoles confessionnelles au frais d'un état soi-disant laïque savourent déjà leur victoire !

Qu'en dit le peuple?

Rappelons-nous, avec Gaston Leval dans son livre : Espagne Libertaire (1971) des premières écoles de la République en Espagne :

"On pourrait écrire des pages émouvantes sur le combat mené localement autour et à propos de ces réalisations où le caractère moral prédominait. Car, naturellement, elles se heurtaient à l'hostilité active des "caciques" , grands propriétaires terriens, maître de la vie locale, qui faisaient blocs avec le curé, la garde civile, parfois le pharmacien ou le médecin. Souvent appliquant une vieille coutume, on arrêtait l'instituteur non officiel, et on le déportait à pied, menottes aux mains, entre deux gardes civils à cheval, vers des régions lointaines où il restait en résidence surveillée. Alors, presque toujours, le militant le plus instruit de l'endroit, prenait la relève. Presque toujours aussi c'était son tour de connaître la déportation. Et un autre ouvrier ou paysan lui succédait, qui partait aussi, de prison en prison, pour les provinces lointaines. Parfois les autorités finissaient par fermer l'école. Et il arrivait que sur la résolution du Syndicat les élèves partent tous les matins, dans la montagne, avec un dernier maître improvisé, qui les faisait lire, leur enseignait en écrivant en l'air les mots et les chiffres, ou l'histoire naturelle par observation directe."

En France, l'origine des écoles et de l'éducation de masse est plus ancienne et on a tendance à oublier qu'il y a a bien derrière la "laïque" aussi une victoire de la Commune même si c'est quand même au gouvernement Thiers qui l'a massacrée ( 30 000 victimes lors de la "semaine sanglante" ) et à Ferry qu'en revient la réalisation administrative avec toutes ses dérives autoritaires voire militaires, sa collaboration avec le patronat et sa participation à la reproduction des élites et des exclus. Franco fera de même en Espane avec encore plus de victimes.

Si notre école est en panne aujourd'hui, gageons que le peuple saura se rappeler que cette école gratuite laïque et ouverte à tous et toutes, il la voulait et que sur les cendres de l'Education Nationale, une école reste à construire !

Défendons aujourd'hui encore l'école, le savoir et l'enseignement, tout l'enseignement parce qu'une société qui ne prend pas en charge son éducation est une proie sans défences face à tous les obscurantismes!


"Les socialistes bourgeois ne demandent que de l'instruction pour le peuple, un peu plus qu'il n'en a maintenant, tandis que nous, démocrates socialistes, nous demandons pour lui l'instruction intégrale, toute l'instruction pour qu'au dessus des masses ouvrières, il ne puisse se trouver désormais aucune classe qui puisse en savoir davantage et puisse les dominer et les exploiter" (Michel Bakounine)

Vendredi 15 décembre 2006 5 15 /12 /2006 18:12
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La signification réelle du mot "République" est "chose publique", donc ce qui est propre à la collectivité et englobe la propriété collective.

"Démocratie" signifie le libre exercice des droits individuels, ce qui n'est praticable que dans l'Anarchie.

La véritable république démocratique et fédérale est la propriété collective, l'Anarchie et la Fédération économique, c'est à dire la libre fédération universelle des libres associations ouvrières, agricoles et industrielles.

Section régionale espagnole de la Première Internationale. 1er Septembre 1871.

"La république est une anarchie positive.

Ce n'est ni la liberté soumise A l'ordre, ni la liberté emprisonnée DANS l'ordre.

C'est la liberté délivrée de toutes ses entraves, la superstition, le préjugé, le sophisme, l'agiotage, l'autorité; c'est la liberté réciproque, et non pas la liberté qui se limite; la liberté non pas fille de l'ordre mais MERE de l'ordre."

Pierre-Joseph Proudhon
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