Pinochet est mort, vive Ulises!

Publié le par sed

et la complicité des media...

A Oaxaca aujourd'hui comme à Santiago en 1973, les partisans de l'Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca construisent un autre futur comme naguère tous ces hommes et toutes ces femmes partisans de la « voie chilienne vers le socialisme » et qui luttaient avec la conviction que donnent les justes causes en affirmant, souvenons-nous en : « Seulement en dehors du système capitaliste se trouve la possibilité d'une solution pour la classe travailleuse. »

En effet, dans toute la ville d'Oaxaca et depuis le mois de juin 2006, un mouvement populaire mené par les instituteurs occupe pacifiquement la place principale de la ville. Le 14 juin, la police a tenté de les déloger violemment (8 morts, 15 disparus) . Depuis le mouvement résiste et s'organise : l'Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca demande la chute du gouverneur en place Ulises Ruiz Ortiz et la tenue de nouvelles élections. Au niveau national, la censure filtre complètement les informations. Il faut savoir qu'aucune télévision française n'a parlé de cet événement dans un journal télévisé grand public.

NOS MEDIA PREFERENT VENDRE DES ARMES QUE DES INFORMATIONS.

A Oaxaca aujourd'hui, comme au Chili en 1973, ce qui menace le peuple et ses aspirations de justice, c'est la répression :

"La tâche d’organiser le spectacle de la violence par des moyens terroristes est revenue à Ulises Ruiz et à ses hommes de main, en l’occurrence la police de l’Etat d’Oaxaca, ou police ministérielle, habillée en civil (le vêtement civil représentant le côté clandestin de la police, l’uniforme son côté public), ce sont eux qui ont constitué les escadrons de la mort, qui ont assassiné en toute impunité et mis le feu à certains bâtiments publics ou autres au cours de l’opération du 25 novembre dite opération hierro" nous écrit un dénommé "George" en direct de Oaxaca le 11 décembre 2006.

Des flics en civil, pour ne pas dire des paramilitaires, des escadrons de la mort, une opération "hierro" qui sonne déjà comme une opération Colombo... Voilà ce qui se passe en ce moment même à Oaxaca au plus grand mépris de nos média de masse rachetés, il est vrai, par des marchands d'armes, qui préfèrent faire du commerce avec le gouvernement mexicain plutôt que de se soucier du peuple qu'il massacre et qui crie :

Solucion ! Solucion ! No queremos represion !

Malheureusement, il apparaît qu'Ulises ne connaît qu'une solution pour son peuple : la répression. Tout comme Pinochet en son temps qui, grâce à tous ses soutiens est mort de sa belle mort sans n'avoir jamais été condamné ou inquiété ni par aucune sorte de justice ni par son peuple, Ulises Ruiz Ortiz entend bien suivre le chemin de son modèle, le laisserons-nous faire ?

Le 27 Octobre, le journaliste d'Indymedia New York, William Bradley Roland et au moins un des professeurs parmi les manifestants ont été tués par des hommes armés. Comme on peut le voir avec nos outils modernes, notamment Indymedia, et tous les communiqués écrits et visuels des évènements qui se déroulent en direct là bas, les paramilitaires, les escadrons de la mort et le bruit de leurs bottes, les assassinats, les disparitions, les viols, les tortures, les arrestations, etc. sont le quotidien des populations dans les rues de Oaxaca... Et pourtant la lutte continue !

EL PUEBLO UNIDO JAMAS SERA VENCIDO !

Le combat continue malgré la peur avec des manifestations, des marches, des slogans et des livres. Comme cette institutrice qui enseigne un livre à la main à tout un cordon d'hommes de la police fédérale préventive en tenue de robocop :

Ulises Asesino ! Ulises Asesino ! Ulises Asesino !

Ulises est un assassin. C'est l'institutrice qui nous le dit, c'est une évidence aussi ! Mais les policiers n'aiment pas l'école et encore moins les livres !

Il reste très compliqué de quantifier l'ampleur du massacre auquel se livre en ce moment Ulises à Oaxaca tout comme d'ailleurs il reste encore très difficile d'évaluer le nombre des victimes de Pinochet et de sa dictature...

Il ne tient qu'à nous de briser la "chappe de plomb" et de rompre le silence assassin de nos média pourris à la solde des marchands d'armes et de montrer notre solidarité avec le peuple de Oaxaca. Nous serons dans la rue le 22 Décembre, le jour du Solstice d'hiver où nous quittons la nuit pour avancer vers la lumière...

Publié dans luttes sociales

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