La C.G.T. et le nazisme-pétainisme

Publié le par sed

Le nazisme-pétainisme caractérise l'idéologie dominante en France sous l'occupation. La France est nazie parce que sous la botte de Hitler et de sa gestapo. Elle est aussi pétainiste parce qu'elle a choisi Pétain comme représentant officiel de l'Etat français. Il s'agit donc d'une idéologie à deux visages : d'un côté la France subit l'occupation nazie, ce qu'elle n'a pas voulu, mais de l'autre, elle choisit Pétain qui reçoit démocratiquement les pleins pouvoirs : l'Assemblée Nationale (un conseil constitutionnel de députés et sénateurs réunis au casino de Vichy) lui ayant accordé les pouvoirs constituants. (80 votent contre, 17 abstentions.)


Pour comprendre comment cette France du Front Populaire triomphant de 1936 a pu, en quelques années seulement, sombrer dans une idéologie  qui lui semble, de prime abord, complètement opposée, il est intéressant de suivre le parcours de la C.G.T. (ex-C.G.T.U.) dont l'oeuvre au sein du Front Populaire est souvent mise en avant mais l'autre, sous l'occupation, est beaucoup éludée. Pour démontrer le rôle historique de la C.G.T. au sein du nazisme-pétainisme, il faut citer le personnage qui en est indiscutablement l'emblème : Jacques Doriot.

Avant l'occupation allemande, la ligne de la C.G.T.U. épousait la ligne du Parti Communiste. Maurice Joyeux décrit cette C.G.T.U. au printemps 1933 : "je fis la connaissance des principaux membres de l'organisation syndicale : Hénaff, Frachon, Raynaud et quelques autres dont j'ai oublié les noms. Ceux-là cumulaient leurs responsabilités à la C.G.T.U. avec celles que leur avait confiées le Parti Communiste. Les autres : Thorez, Marty, Doriot, Duclos qui, plus ou moins ouvertement, jouaient un rôle capital dans l'orientation de la C.G.T.U. avaient leur bureau rue Lafayette au siège du Parti."

Doriot apparaît donc, parmi d'autres, comme un des "grands personnages" qui font et défont une C.G.T. divisée dans les années vingt et trente entre la C.G.T.U., la C.G.T. et la C.G.T.S.R.. N'est ce pas Doriot qui lançait le mot d'ordre "une seule classe, une seule C.G.T., un seul parti" ? Doriot réclamait l'unité avec une telle obsession que cela lui valu son exclusion en 1934 du Parti Communiste pour avoir voulu bâtir le Front Populaire deux ans trop tôt
(ce que refusait Moscou à l'époque).

Plus tard, en sa qualité de grand orateur publique, il démontre sous l'occupation nazie que du discours de révolution prolétarienne au discours de "révolution nationale" (travail, famille, patrie) il peut n'y avoir qu'un pas:

"Doriot devient de plus en plus raciste, sans doute pour plaire à ses contacts de la SS, et l'attaque de l'Allemagne contre l'U.R.S.S. le 22 juin 1941 le fait définitivement passer dans le camp allemand. Doriot appuie la création le 8 juillet 1941 de la L.V.F., la Légion des Volontaires Français qui combattent sous l'uniforme allemand. Il s'engage lui-même, et effectue de longs séjours sur le front de l'Est, surtout en 1943-1944." (*)

Certes, Doriot n'était plus à la C.G.T. à cette époque. Néanmoins, le parcours du personnage et de tous ceux qui l'ont suivi laisse songeur... Que la C.G.T.U. ne s'en soit pas relevé est vraiment le minimum !


Une autre personnalité syndicaliste remarquable de cette grande époque, remarquée par Léon Jouhaux lui-même, fut l'un des principaux responsables de la C.G.T. avant l'occupation : élu en 1933 au bureau confédéral, René Belin devint, pour les observateurs, le "secrétaire général adjoint" de l'organisation où il animait une tendance très anticommuniste autour de l'hebdomadaire Syndicats.


Il choisit lui aussi de s'illustrer dans la voie du nazisme-pétainisme et rejoint ainsi son ex-compère d'organisations cégétistes rivales (C.G.T.U. et C.G.T qui s'étaient d'ailleurs elles aussi réunifiées à Toulouse en 1936 en laissant la très réduite C.G.T.S.R. seule soutenir l'Espagne dans la lutte antifasciste) : il devient ministre du travail de Pétain du 14 juillet 1940 au 18 avril 1942 où il signe la Loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs aux côtés de Philippe Pétain, Pierre Laval et consorts.


Ainsi il est des syndicalistes notoires, l'histoire en témoigne, qui, à force de s'efforcer à péter plus haut que leurs dorures, en sont arrivé à se chier dessus de façon on ne peut plus magistrale sans même s'en être rendu compte! Il y a fort à parier que cette épidémie brune au sein du syndicalisme couve encore. Alors ne restons pas derrière...

Que tous nos syndicalistes ne soient pas atteints des mêmes diarrhées aiguës, que tous nos politiques ne soient pas tous bons à être jetés dans le même marigot, il n'en reste pas moins que tous ces culs dorés du syndicalisme ou de la politique qui trônent sur leurs titres de "représentant" de ceci-cela ne représentent qu'eux-mêmes et leurs petits intérêts et que nous, le peuple, n'avons pas besoin d'eux.

QUE SE VAYAN TODOS!

Sources :

(*) Une biographie de Doriot : http://fr.wikipedia.org/wiki/Doriot

Une biographie de Belin : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Belin

En outre, une biographie de Maurice Joyeux est consultable sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Joyeux

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