Un professeur vacataire est un professeur diplômé au minimum d'une licence (donc du même niveau universitaire que la plupart des enseignants) mais n'ayant pas été reçu au concours du CAPES. Il est inscrit au rectorat et est embauché par l'Education Nationale pour des remplacements, au pied levé, à droite et à gauche, au grès des besoins. Il effectue en tant que vacataire un maximum de 200 heures par an. Au delà, si l'établissement scolaire a encore besoin de ses services, il est contractualisé (donc mieux payé) jusqu'à la fin de l'année.

L'Education Nationale a toujours eu besoin de professeurs recrutés hors concours pour pouvoir fonctionner et assurer les cours lorsque des professeurs recrutés sur concours s'en sortent mal devant leurs élèves, lorsqu'ils ne veulent plus les voir ou lorqu'ils sont malades. Mais bien que ces deux voies de recrutement soient absolument nécessaires, chacune amenant sa spécificité et les deux se complétant, l'une a toujours été beaucoup moins bien reconnue que l'autre et le statut des professeurs non titulaires s'est sans cesse dégradé jusqu'à atteindre celui de vacataire. Avec ce statut non reconnu par le code du travail, l'Education Nationale, une fois n'est pas coutume, se place à l'avant-garde de la précarisation du travail :

Le vacataire n'est payé que pendant les heures où il fait classe. La rémunération horaire reste à priori attractive (c'est ce qu'on me dit...) sauf si l'on prend en compte que les heures de préparation des cours, de correction des copies ne sont pas rémunérées, que l'on ne touche pas du tout de chômage entre deux remplacements (et ça peut être long...) , que les contrats sont établis à la semaine, qu'ils sont donc sans cesse à renouveler, que l'on n'a pas de congés payés et que les cotisations pour la retraite sont dérisoires. Enfin, ajoutons que le professeur vacataire ne peut même pas cumuler le RMI et doit donc pouvoir vivre (et enseigner et préparer le CAPES) avec un peu plus de 5 000 euros par an peut-être mais rien de  garanti.

En plus de ces conditions économiques qui ne permettent évidemment pas de joindre les deux bouts, les professeurs recrutés hors concours doivent souvent faire face au mépris de leurs collègues puisque, parait-il, ils dégraderaient le métier d'enseignant! De toute façon les collègues, ils ne les voient pas longtemps et puis ce ne sont jamais les mêmes...

Et puis c'est le chômage jusqu'à ce que le rectorat daigne enfin appeler pour un poste à cent cinquante kilomètres qu'il faudra effectuer tous les jours sans indemnités pour les déplacements.

Et puis encore le chômage...

Voilà comment cela se passe à l'Education Nationale: on embauche puis on jette à la rue des jeunes professeurs sans aucun motif. Via l'Education Nationale, l'Etat se place à la pointe du licenciement abusif et barbare (pas de motifs, pas d'indemnités, pas de chômage,...) le MEDEF ne dit pas mieux et doit bien s'incliner.

Quelle réaction face à tout ça? Seule la lutte paye ?

Les syndicats n'ont pour le vacataire qu'une réponse: prépare ton CAPES! (Merci les syndicats...)

Alors c'est toujours avec autant de satisfaction que je revois la revendication de la titularisation de tous les non-titulaires refleurir dans les AG étudiantes.

Serait-ce les organisations étudiantes (AG, comités) qui pourraient nous permettre de nous faire entendre?

Le syndicalisme, à la fois parce qu'il a été complètement dénaturé de ce qu'il était à l'origine mais aussi parce que la société a changé, est un outil qui doit être totalement remis en question et dont les limites doivent être posées: alors que les chômeurs sont de plus en plus nombreux et de plus en plus précaires, leur place dans les syndicats est quasiment inexistante, leurs revendications passent inaperçues! Même chose pour les travailleurs précaires, intérimaires, stagiaires, etc. Et puis quel syndicat s'intéressera aux problèmes des "jeunes des banlieues", des "brûleurs de poubelles et de voitures", puis de tous ceux qui sont en prison ?

Les syndicats touchent le fond du fond de l'impasse dans laquelle ils se sont engouffrés joyeusement et avec panache. A force de démagogies, tous les outils démocratiques destinés à la défense des travailleurs ont été vérolés (peut-être qu'ils l'étaient dès le début...) et lorsque le travailleur en a fait le tour que lui reste-t-il, à part quelques poubelles à brûler?

Dimanche 26 novembre 2006 7 26 /11 /2006 15:59
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La signification réelle du mot "République" est "chose publique", donc ce qui est propre à la collectivité et englobe la propriété collective.

"Démocratie" signifie le libre exercice des droits individuels, ce qui n'est praticable que dans l'Anarchie.

La véritable république démocratique et fédérale est la propriété collective, l'Anarchie et la Fédération économique, c'est à dire la libre fédération universelle des libres associations ouvrières, agricoles et industrielles.

Section régionale espagnole de la Première Internationale. 1er Septembre 1871.

"La république est une anarchie positive.

Ce n'est ni la liberté soumise A l'ordre, ni la liberté emprisonnée DANS l'ordre.

C'est la liberté délivrée de toutes ses entraves, la superstition, le préjugé, le sophisme, l'agiotage, l'autorité; c'est la liberté réciproque, et non pas la liberté qui se limite; la liberté non pas fille de l'ordre mais MERE de l'ordre."

Pierre-Joseph Proudhon
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