La Mère Michèle et le Grand Saint Nicolas

Publié le par ced

Michèle Alliot-Marie déclarait hiers dans le Grand journal de Canal + que si les suspects dans l'affaire dite des sabotages de la SNCF (1) avaient été arrêtés par des brigades d'élite et que l'un d'entre eux était séquestré depuis plusieurs mois, c'est que suffisamment d'éléments avaient pu être retenus contre eux...

C'est d'une logique à toute épreuve : ils sont coupables puisqu'ils ont été arrêtés! Alors si ça c'est pas une preuve, qu'est-ce qu'il vous faut ?!

Comme ultime argument contre les plus sceptiques, elle ajoute que les services de police disposent encore d'autres éléments tenus secrets mais dont on ne peut rien nous dire pour l'instant... Le suspens est à son comble! C'est vrai, pourquoi la justice exposerait les preuves de la culpabilité de celui qu'elle enferme lors de son incarcération, alors qu'elle peut attendre que sa peine soit purgée pour le faire ? Il faut tenir l'accusé et ses soutiens en haleine jusqu'au bout, le scénario n'est pas du tout éculé : "Nous avons les preuves mais nous les gardons secrètes, nous ne pouvons rien vous dire pour l'instant..." On y croit à mort!

Si c'était un film, on pourrait quitter la salle en faisant du bruit: "C'est un scandale! Remboursez nos invitations!" Le réalisateur nous prend pour des cons, le scénario a été écrit par un enfant de trois ans, les acteurs sont des caricatures grotesques, leur jeu est très étroit et n'évolue pas d'un poil tout au long des mois interminables que dure ce lamentable navet, etc. Les critiques les plus caustiques afflueraient de toute part.

Tout cela a commencé avec une bavure et au début, il y avait un côté burlesque assez original. Des hélicoptères et cent cinquante soldats armés et cagoulés déployés dans une vaste opération "taïga" dans le... fin fond du Cantal pour arrêter une bande de terroriste-épiciers qui vivaient dans une ferme et y cultivaient des carottes entre deux réunions du comité des fêtes du village. On se dit quelle bonne blague, on va bientôt rire de la méprise...

Mais non! Et c'est là le hic, tout de suite les principaux acteurs, les flics et les juges, se montrent ultra-lourds tendance mégalo-mythomanes
et s'enfoncent dans leur bêtise au delà de tout ce que l'on pourrait décemment imaginer. Difficile de regarder jusqu'à la fin, très vite, on ne peut plus supporter cet horrible spectacle où, après des mois interminables d'enquête et d'interrogatoires, la grande-responsable de ce foutoir, la Mère Michèle, en est encore à nous dire : "Nous avons les preuves mais nous les gardons secrètes, nous ne pouvons rien vous dire pour l'instant..."

Le problème avec la réalité, c'est qu'on est obligé de supporter tous ces cons jusqu'à la fin et d'entendre encore et encore la pire bande son de tous les temps, louange au grand Saint-Nicolas sur l'air de la Mère Michèle:

" O grand Saint Nicolas patron des écoliers

" apportez moi des pomm's, des prun's dans mes souliers

" je serai toujours sage comme un petit mouton

" je dirai mes prièr's pour avoir des bonbons

" sur l'air du tra la la la. (bis)

" sur l'air du tra déri déra et tra la la.

Il y a des têtes qui sont tombées pour moins que ça...

(1) voir les articles Le coup de Tarnac et Mort aux écrivains! 

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