Rêve et réalité, Obama et toi

Publié le par ced

La première chose à faire quand on veut réaliser ses rêves, c'est d'éviter qu'il ne s'envolent ou ne tombent dans l'oubli. C'est pourquoi, au milieu de cette nuit de Novembre, j'ai attrapé mon carnet et mon stylo pour laisser une trace écrite de mes rêveries. Je suis seul au milieu de nul part et quand je ferme les yeux, dans le noir, un bonheur m'envahit, je pense à toi.

Je t'ai aperçue hier, à peine, de loin, à travers une fenêtre, seulement l'espace d'un instant bref mais intense. Cela faisait longtemps que je ne t'avais vue et depuis, je me suis remis à penser à toi, à me laisser pénétrer par cette douce sensation qui me transporte dans un ailleurs irréel, un paradis artificiel, où être veut dire être heureux continûment pendant des heures.

Toute la nuit, je suis resté éveillé. Tandis que d'autres suivaient en direct les résultats des élections américaines et espéraient avec beaucoup d'enthousiasme (voire de fanatisme) le changement qu'est censé impliquer l'élection d'un noir à la Maison Blanche, c'est pour ma part quelques souvenirs de toi, quelques instants inscrits dans ma mémoire, qui m'ôtaient le sommeil et changeaient une réalité problématique en paradis des sens. Cette explosion de joie et de liesse populaire qu'ils éprouvèrent avec l'élection de leur candidat favori, je la savoure, quant à moi, dès que je ferme les yeux et que je pense à toi, l'élue de mon cœur. Il suffit de bien peu de choses pour rendre un homme heureux: de l'espoir, du rêve, de l'irréel et chacun le trouve comme il peut.

Dans la réalité malheureusement, on ne se connaît pas. Si je me suis épris de ta beauté et de ta voix, cela est arrivé sans que nous n'échangions la moindre conversation et je sais que celle qui me procure tant de bonheur n'existe probablement que dans mes rêves, même si je t'ai vue et entendue. Quand les électeurs d'Obama redescendront de leur petit nuage, ils s'apercevront à leur tour que le rêve incarné de Martin Luther King est avant tout un rêve, même s'ils l'ont vu et entendu. Alors, si ce rêve ne peut pas être une réalité, si ce paradis artificiel ne peut pas être embrassé sur terre, il y existe néanmoins des mots pour écrire quelque chose qui est là, qui y restera et qui ne s'envolera pas.

Je ne pense pas qu'il soit idiot d'espérer un miracle, à condition d'être conscient que cela n'a rien de réaliste. L'élection d'Obama n'éradiquera ni le racisme, ni la plupart des problèmes économiques ou politiques des américains mais croire le contraire ou en rêver est déjà source de bonheur. L'écriture permet de profiter pleinement de ce bonheur artificiel que nous fournit l'imagination rêveuse, tellement plus douce qu'une réalité souvent brutale et sans appel!
Mais il ne s'agit pas de s'y complaire.

Je devrais te parler et engager cette conversation que nous n'avons jamais eu mais, au lieu de cela, je t'écris mon rêve. Il paraît que c'est idiot parce que ce n'est pas réaliste mais que peut-il y avoir de réaliste entre nous ? Ta réponse risquerait de me décevoir et, à la réflexion, il m'apparaît même évident que cette déception est plus que probable, même inévitable puisque la réalité est toujours en deça du rêve. Alors, je la partagerai avec ces millions d'américains qui ont confondu leurs rêveries de Novembre avec l'implacable réalité.

Cette nuit là, je n'ai pensé qu'à toi et je ne l'oublierai pas. Voilà!

Publié dans poésie

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