De la notion de classe...

Publié le par ced

A l’intérieur de la société capitaliste, la notion de classe qui sous entend la solidarité entre membres de cette classe se heurte à la réalité d’une société construite autour du droit individuel à la propriété privée, une société où seul l’individu existe et où, dès qu’un groupe se constitue, il disparaît derrière un chef, un individu roi. Dans la société capitaliste, la notion de classe n'a aucun sens puisque toute l'organisation sociale est basée sur la propriété individuelle que chaque individu doit défendre sous peine d'être complètement dépossédé et relégué au fin fond de la hiérarchie sociale.

Ceci est indéniable aussi bien pour celui qui possède beaucoup trop que pour celui qui ne possède que le strict nécessaire. Ceci n'a en revanche plus aucun sens pour celui qui est déjà relégué au fin fond de la hiérarchie sociale et qui ne possède rien. Ce n'est que lorsque l'on ne possède plus rien que la notion de solidarité, indispensable à la notion de classe, prend tout son sens.

La notion de classe est une philosophie de la misère.

La bourgeoisie ne forme pas une classe parce que, lorsque des bourgeois s'allient, ce n'est que parce qu'ils y trouvent, chacun pris séparément, un intérêt individuel qui n'est donc pas un intérêt de classe. Et lorsque deux bourgeois ont des intérêts contradictoires (par exemple, deux patrons concurrents) c'est le plus fort (en capitaux) qui écrase le plus faible car tel est le capitalisme.

D’autre part, la bourgeoisie constitue, par définition, une élite qui possède. Réciproquement, l’élitisme et le capitalisme constituent les deux conditions idéologiques nécessaires à la prospérité de toute organisation bourgeoise. Une organisation bourgeoise n’est donc pas ouverte à tous et toutes mais réservée à une élite et a comme objectif d’augmenter toujours son pouvoir et donc ses capitaux.

La notion de classe provient, tout au contraire, des antipodes de la bourgeoisie, de ceux et celles qui, ne possédant plus rien, n'ont aucune propriété privée à défendre et pour lesquels le capitalisme, plus qu’un non-sens, est un ennemi mortel, responsable de leur misère. La notion de classe sous-entend la notion de solidarité, entendue comme valeur humaine universelle, et est nécessairement anti-capitaliste et anti-élitiste.

La notion de classe est simpliste et dangereuse.

Malheureusement, toute notion de solidarité se heurte bien vite à de multiples paradoxes dès qu’elle est confrontée à la réalité de la société capitaliste hyper-individualiste et l’intérêt révolutionnaire ne réside pas dans le fait de s’arracher les cheveux à définir une notion de classe qui n’aura aucun sens parce que nous sommes dans une société capitaliste.

Il s’agit plutôt, pour le peuple, de comprendre et d’identifier très clairement qui sont les ennemis et d’apprendre à les combattre. Les "ennemis" sont multiples et ne forment pas forcément une classe. D'autre part, nous n'avons pas nécessairement exactement les mêmes ennemis, nous pouvons avoir quelques ennemis et quelques camarades en commun et d'autres non si bien que la situation peut être complexifier à l'infini. La notion de classe est simpliste et dangereuse.

Il n'y a pas besoin de définir deux classes, comme d'autres au Rwanda/Burundi ont créé deux ethnies, pour savoir qui sont les gentils et les méchants et appeler au massacre. (voir l'article

Ethnicisation catholique et macabre dans la région des grands lacs)

D'un point de vue mathématique, et donc logique, il y a une erreur à définir des classes à partir d'une relation d'exploitation ou de domination car il s'agit d'une relation d'ordre alors que les classes sont définies par une relation d'équivalence. En effet, peu importe les deux ensembles d'individus que nous considérons, ils ne constitueront jamais des classes pour la relation d'exploitation car il y aura toujours nécessairement un ensemble à l'intérieur duquel se trouveront et des exploiteurs et des exploités. Tout travailleurs, sauf à être tout en bas dans l'échelle de l'exploitation, est aussi l'exploiteur de quelqu'un. La relation d'exploitation ne peut donc pas définir la classe des travailleurs. Il n'y a qu'une relation d'équivalence, comme la solidarité, qui puisse constituer les exploités en une classe capable de fournir la force nécessaire à leurs émancipations. Deux individus n'appartiennent à une même classe que s'ils sont solidaires.

"Mort aux bourgeoises, mort aux bourgeois !"

Les riches ne sont pas condamnables tant qu'ils ne sont pas égoïstes et qu'ils partagent ce qu'ils ont. Ils ne sont donc pas condamnables en tant que membres d’une classe économique mais les riches ne partagent pas, ils amassent. Le problème avec les riches, avec les bourgeois, ce n'est pas leur pognon, c'est leur mentalité, c'est ce qu'ils font ou ce qu'ils sont prêts à faire pour amasser leur pognon : plans sociaux pour  les actionnaires, exonérations légales ou illégales pour les patrons, guerres pour le pétrole, etc. Ils ou elles trafiquent, spéculent, agiotent, exploitent et tout ceci justifie bien assez, je pense, ce cri : "Mort aux bourgeoises, mort aux bourgeois!" Le problème est ce qu'ils font et non le fait d'avoir un compte en banque bien rempli ou un logement agréable !


En outre, les bourgeois ne sont pas les seuls responsables de la misère du peuple, du prolétariat, du précariat,... de ceux et celles qu'elle touche. Je pense que ces derniers en sont au moins autant responsables. Ceux et celles qui luttent sortent du lot bien sûr ! Mais la résignation, l’acceptation, la soumission sont si répandues que j’accuse autant les exploiteurs que les exploités de l’état actuel de la société.

 


 


 

Publié dans théories

Commenter cet article